
Marché à terme
Marché sur lequel la transaction conclue (prix, quantité, qualité de la marchandise) voit son exécution (livraison et paiement de la marchandise) repoussée à une date ultérieure fixée d'un commun accord (le terme). En anglais le terme utilisé pour désigner de tels marchés est Futures. Commentaire: Les marchés à terme sont habituellement des marchés organisés: la qualité des marchandises que l'on y traite est définie de façon précise (par exemple, il s'agit de blé de telle origine à tel degré d'humidité et comportant tant d'impuretés) et il existe une autorité qui veille à ce que les contrats conclus soient exécutés. Un dépôt de garantie (déposit) est exigé de la part de l'acheteur, dépôt généralement fixé à 5% ou 10% du montant de la transaction. Les marchés à terme organisés qui fonctionnent concernent des matières premières (blé, maïs, café, jus d'orange concentré, viandes, pétrole...), des devises ou des produits financiers ( Matif). Dans tous les cas, il s'agit de permettre à des opérateurs de se mettre à l'abri des incertitudes (couverture du risque de hausse ou de baisse du prix). Ainsi, un industriel a besoin de cacao pour son activité dans les mois à venir. Il peut faire des stocks, mais c'est coûteux et pas toujours possible (il faut être équipé, la marchandise peut se détériorer, etc.). Pour échapper aux éventuelles fluctuations de cours et déterminer dès à présent ses prix de revient, il va utiliser le marché à terme. Le 2juillet, il commande à un producteur par exemple 10tonnes de cacao, livrables (et payables) le 30septembre au prix de1500dollars la tonne. Cette commande lui donne droit de vendre, sur le marché à terme où l'on cote le cacao (Londres ou New York) un lot «papier» de 10tonnes de cacao à la même échéance ou à une échéance proche pour un prix que l'on va supposer également de 1500dollars. L'acheteur est un spéculateur qui parie sur une hausse du prix du cacao dans les mois à venir. Le 30septembre, le cacao (physique) vaut, sur le marché, 1000dollars la tonne. Notre industriel a perdu sur le physique, puisque, s'il n'avait pas commandé ferme ses 10tonnes, il aurait pu les acheter 1000dollars au lieu de 1500. Mais, à l'inverse, il a gagné sur le papier, puisque ce dernier, indexé sur le physique, ne vaut plus que 1000dollars alors que son acheteur s'était engagé pour 1500: la transaction peut alors être dénouée par le versement de la différence (500dollars) par le spéculateur à l'industriel, si bien que celui-ci gagne grâce au papier l'équivalent de ce qu'il a perdu sur le physique. Si l'évolution avait été inverse (hausse des cours, sur le marché à terme comme sur le marché physique), la situation aurait été inversée, mais le résultat final inchangé: la perte sur le marché à terme aurait été compensée par un gain sur le marché physique. Le marché à terme ne doit donc pas être confondu avec un marché physique. On n'y échange pas des marchandises, mais des contrats papier, qui sont habituellement dénoués avant l'échéance. Les opérateurs ont des finalités diverses. Les industriels cherchent à se «couvrir», c'est-à-dire à se garantir contre des fluctuations de cours sans être obligés de constituer des stocks: on dit qu'ils pratiquent des opérations de couverture, ou de hedging. Certains intermédiaires cherchent à tirer profit d'écarts de cours entre plusieurs marchés à terme cotant les mêmes contrats ou des contrats équivalents (par exemple en matière de change): ce sont des arbitragistes. D'autres, enfin, cherchent à réaliser des opérations spéculatives, leur rémunération étant déterminée par leur capacité à effectuer les bons choix, à assumer positivement le risque.
Date de mise à jour : 22/01/2010
A lire également: Pierre-Noël Giraud, «Faut-il condamner la spéculation?», Alternatives Economiques n°204, juin2002. - cliquez ici. Denis Clerc, «Comment fonctionnent les marchés de commodités», Alternatives Economiques n°236, mai2005. - cliquez ici.
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