Dérive scientiste ou nouvelle économie politique ?
par Olivier Mongin Le philosophe décrit deux voies possibles pour la science économique, entre le travail sur des mondes imaginaires, sans contribuer à éclairer les transformations du monde contemporain, ou une analyse qui prend en compte la dimension politique et l’insertion culturelle des économies.
La critique du virus scientiste dont sont atteints beaucoup d'économistes contemporains tourne le plus souvent au procès caricatural. Ou bien on ironise - comme s'y exerce, non sans humour, le physicien Claude Allègre, préoccupé de défendre le pré carré des vraies sciences dures (1) - sur l'aptitude des économistes à imaginer des théorèmes plus ou moins attendus en griffonnant sur des tables de bistrot des courbes baroques ou des équations incompréhensibles par le commun des mortels. Ou bien, comme aime à le faire la sociologie de la domination, on ramène la passion mathématique des macroéconomistes et la fureur scientiste des futurs nobélisables à la volonté d'une corporation d'experts dont la mission, plus ou moins avouée et secrète, serait de servir les objectifs du Grand Capital.
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