Etats-Unis

L’agence de protection des consommateurs dans le viseur de Trump

L’administration Trump passe à l’offensive contre l’agence de protection des consommateurs. Vendredi 17 mars, le ministère de la Justice a affirmé que cette dernière était inconstitutionnelle, et est venu soutenir un établissement de crédit mis en cause par l’agence. Le bureau de protection des consommateurs, institué en 2010 par l’administration Obama comme une des réponses à la crise des subprimes, a pour rôle de défendre les emprunteurs des abus des institutions financières. Cette agence a été conçue avec une indépendance renforcée : son responsable peut difficilement être révoqué par le président et le bureau peut mener des enquêtes sans le concours du ministère de la Justice.

Cette attaque de la nouvelle administration n’est pas la première. En février, un décret présidentiel pointait déjà la nécessité de réorienter ses missions et de réduire ses effectifs. L’agence est d’ailleurs depuis sa création la cible de élus républicains, qui lui juge une trop forte indépendance.

Chine

L’heure des réformes a sonné

Il est temps pour la Chine de réorienter ses politiques économiques, indique l’OCDE dans une étude parue le 21 mars. Si l’organisation reconnaît que la Chine restera un moteur de la croissance mondiale dans les prochaines années, elle recommande toutefois à Pékin d’accentuer ses efforts de rééquilibrage en faveur de la consommation (plutôt que de l’investissement) afin de résoudre son problème de surcapacité industrielle. Trop d’entreprises « zombies » sont techniquement en faillite en Chine mais continuent de produire grâce au soutien du système bancaire - et donc indirectement de l’Etat. Le niveau élevé d’endettement des entreprises, qui atteint cette année 170 % du PIB, est par ailleurs considéré par l’OCDE comme un risque clé pour l’économie chinoise.

Il reste également beaucoup à faire pour réduire les inégalités, indique l’OCDE, qui préconise d’augmenter la progressivité de l’impôt et d’élargir l’assiette de l’imposition sur le revenu. Enfin, les auteurs de l’étude plaident en faveur d’une « augmentation des transferts de l’état et des provinces au titre de l’aide sociale vers les régions les plus déshéritées ».

santé

Des économies mais pas n’importe comment

Les Français sont de plus en plus inquiets de l’état de santé de leurs concitoyens, révèle le dernier baromètre d’opinion annuel de la Drees, paru le 13 mars. S’ils sont 72 % à estimer que leur situation personnelle est bonne, 44 % pensent que l’état de santé de la population s’est dégradée cette année, contre seulement 36 % en 2015.

« Cette représentation négative de l’évolution de la santé des Français pourrait expliquer le souhait des personnes interrogées que les efforts pour réduire le déficit de la Sécurité sociale ne se fassent pas au détriment des assurés », indiquent les auteurs, Adrien Papuchon et Etienne Perron-Bailly. Si les Français se prononcent largement en faveur de la taxation des fabricants de médicaments (83%) et de la limitation des tarifs des professionnels de santé (81%), ils sont fermement opposés à l’augmentation des cotisations et la baisse de la prise en charge de certaines maladies.  

Education

Pour un enseignement des SES obligatoire au lycée

Cinquante ans après leur introduction au lycée, les sciences économiques et sociales (SES) s’imposeraient à tous les lycéens ? C’est en tout cas la volonté de l’Association des professeurs de sciences économiques et sociales (Apses), qui a publié une tribune dans ce sens dans le journal Le Monde. L’organisation estime que « tous les lycéens de seconde devraient bénéficier d’un enseignement de sciences économiques et sociales obligatoire dans des conditions revalorisées au regard de l’importance des sujets abordés et des démarches intellectuelles mises en œuvre. Les SES devraient également pouvoir être proposées en dehors de la seule série ES ». L’organisation rappelle le succès de cette discipline au lycée, puisque 85% des élèves en seconde générale et technologique font le choix des SES comme « enseignement d’exploration » et la filière ES est la deuxième série la plus choisie.

Agriculture

Les paysans peuvent polluer moins sans gagner moins

Des chercheurs de l’Inra ont calculé que la France pourrait réduire de 30 % l’usage des pesticides sans perte de rentabilité pour les producteurs. Cela nécessiterait de modifier les pratiques, comme diversifier les cultures et les variétés, ajuster les dates de semis ou recourir davantage au désherbage mécanique. Ces changements pas toujours simples n’apportent cependant pas de gain économique et nécessitent un accompagnement qu’il faudra financer. La baisse de 30 % indiquée par cette étude est une estimation à l’échelle nationale, qui tient compte du fait que toutes les fermes ne peuvent pas changer d’itinéraire technique sans perte de rentabilité. Pour celles qui peuvent changer de pratique à revenu équivalent, les chiffres sont encore plus spectaculaires : une baisse de 42 % des pesticides, dont – 37 % pour les herbicides, – 47 % pour les fongicides et – 60 % pour les insecticides.

Permis de conduire

Le coup de pouce du CPA

Depuis le 15 mars, il est possible de financer son permis de conduire grâce aux heures de formation accumulées dans le cadre du compte personnel de formation (CPF), un des trois comptes intégrés au compte personnel d'activité (CPA). Les modalités d’application de cette mesure, introduite par la loi relative à l’Egalité et à la Citoyenneté, ont été précisées par un décret d’application paru le 2 mars. La préparation à l’examen devra contribuer à la réalisation d’un projet professionnel et être réalisée dans une école de conduite agréée ayant la qualité d’organisme de formation. « C’est une première étape dans la prise en compte des freins périphériques à l’emploi par le CPA, même sil reste d’autres obstacles à lever en terme de logement ou de gardes d’enfants » nuance Vanessa Jereb, secrétaire nationale à l’Union nationale des syndicats autonomes (UNSA). Dans une note réalisée conjointement avec la CFDT et l’UNSA, parue le 13 mars, le think tank Terra Nova regrette également que ce changement n’ait pas été l’occasion de créer une nouvelle source de financement au sein du CPA, plutôt que de recourir aux heures du CPF.

VOTE

Les listes électorales ne font pas le plein

Mi-février, en France métropolitaine, 45,7 millions de Français étaient inscrits sur les listes électorales, soit 89 % des personnes majeures résidant en France et de nationalité française, selon l'Insee. 1,3 million de français vivant à l'étranger sont par ailleurs inscrits sur les listes consulaires, ce qui donne un corps électoral de 47 millions de personnes. En France Métropolitaine, le taux d’inscription est le même qu’en 2012, et légèrement plus faible qu’en 2007 (90 %). Un tiers des électeurs potentiels a plus de 60 ans, un autre tiers entre 40 et 59 ans, et un dernier tiers a moins de 40 ans. Parmi les électeurs potentiels (ensemble des individus âgés de 18 ans ou plus, de nationalité française et jouissant de leurs droits civils et politiques), 81 % sont des électeurs stables, n’ayant pas changé de commune d’inscription entre 2016 et 2017. La réinscription (par exemple en cas de déménagement) varie selon la situation sociale : elle augmente avec le niveau de diplôme et diminue avec l’âge.
 

Automédication

Bon pour la Sécu ?

Selon l’Association française de l’industrie pharmaceutique pour une automédication responsable (Afipa), se soigner sans passer par un médecin permettrait une économie de 1,5 milliard d’euros par an pour l’assurance maladie. L’automédication en France, c’était déjà 3,8 milliards d’euros en 2016, en progression de près de 5 % sur un an.  Mais l’Afipa vient donc de lancer une campagne pour la développer encore. Le bénéfice pour les comptes de la Sécu reste cependant à démontrer (de même que pour la santé…), mais celui pour les industriels du secteur est évident.

Travail dissimulé

Ryanair hors la loi

Pour ne pas avoir affilié  le personnel de sa base marseillaise au régime français de protection sociale, la compagnie aérienne irlandaise a été placée sous contrôle judiciaire. Une décision du 10 janvier, confirmée le 3 février dernier par la cour d’appel  d’Aix-en-Provence. Ryanair devra donc verser une caution de 5 millions d’euros pour continuer  à exercer son activité. Mise en examen pour travail dissimulé,  la compagnie low cost aurait  en effet éludé, en quatre ans, 6,8 millions d’euros de cotisations sociales, selon les estimations  de l’Urssaf. Bref, une évasion de première classe.

Enseignement supérieur

Do you speak French ?

La quasi-totalité (98,6 %) des étudiants européens en premier cycle de l’enseignement secondaire étudiaient au moins une langue étrangère en 2015, selon Eurostat. Plus de la moitié d’entre eux apprenaient même deux langues étrangères ou plus. Sans surprise, l’anglais est la langue la plus populaire, suivi du français, de l’allemand puis de l’espagnol. La langue de Molière est la première langue la plus étudiée en Irlande et en Belgique, et la deuxième dans neuf autres pays européens, dont l’Allemagne et l’Italie.  En termes d’apprentissage, les étudiants français sont 43 % à n’étudier qu’une langue étrangère et 56,7 % à en étudier deux, une performance légèrement en-deçà de la moyenne de l’UE.