Emploi

Le chômage fait du sur-place en janvier

Après un mauvais mois de décembre 2016 sur le front de l'emploi, le mois de janvier 2017 est meilleur. Les demandeurs d’emploi n'ont que très faiblement augmenté le mois dernier, a indiqué vendredi 24 février le ministère du Travail. Après une hausse en décembre de 26 100 demandeurs d’emploi de catégorie A, soit +0,8%, le mois de janvier est quasi stable avec 800 personnes en plus, + 0,02%. Mais, ramené à l’échelle de l’année, le nombre de chômeurs en catégorie A marque une légère baisse avec -2,5% par rapport à janvier 2016. La situation des jeunes s’améliore légèrement avec une baisse de 1600 inscrits sur un mois (-0,3%). Concernant le chômage de longue durée, il diminue de 0,05% sur un mois et de 0,6% sur les trois derniers mois. Le chômage des plus de 50 ans continue, lui, cependant d’augmenter, avec une hausse de 0,6% sur un mois et de 2,8% sur un an.

Si la catégorie A (ceux n’ayant pas travaillé dans le mois) s’améliore, la situation des autres catégories, ceux ayant travaillé en activité réduite (catégorie B et C), se détériore, puisque leur nombre a augmenté de 1,1% sur un mois et de 6,2% sur un an. Si bien qu’au mois de janvier, quelque 5 486 400 personnes sont inscrites comme demandeurs d’emploi, soit une augmentation de 0,4% par rapport à décembre et de 0,5% par rapport à janvier 2016. 

 

Jeunes

L’aide du dernier recours

En 2015, près de 91 000 jeunes de 18 à 25 ans en grande difficulté sociale ont bénéficié d’une aide du fonds d’aide aux jeunes (FAJ) pour un montant moyen reçu de 193 euros, indique la Drees dans une étude parue cette semaine. 70% des fonds octroyés par le FAJ le sont sous forme d’aides financières individuelles pour les jeunes non éligibles aux autres dispositifs sociaux qui leur sont destinés, tels que le RSA, la prime d’activité ou encore la garantie jeunes. Ces aides couvrent des besoins de première nécessité (alimentation, transports) et sont attribuées en urgence dans 20% des cas.

Néanmoins, la part de ces aides individuelles dans le budget du FAJ a diminué depuis 2013 (-9 points), notamment en raison de « l’extension de la garantie jeunes (…) qui réduit le nombre de personnes nécessitant une aide individuelle du FAJ », indique la Drees.

Le FAJ finance également des actions collectives et des organismes œuvrant pour les jeunes, comme la promotion de la formation professionnelle ou l’organisation de stages de préparation au permis de conduire. Si ce dispositif est fortement mobilisé dans certaines zones (4,6% des jeunes y ont recours dans la Nièvre), il reste très peu utilisé en Ile-de-France (moins de 1%). 

Danemark

Travailler plus sans gagner plus

En fonction de la demande, les salariés danois de l’industrie pourront travailler jusqu’à 42 heures par semaine, contre 37 aujourd’hui. Les partenaires sociaux viennent de signer  un accord de modulation du temps de travail. En contrepartie, les syndicats ont obtenu des congés parentaux payés à 100 % du salaire et une enveloppe de 27 millions d’euros sur trois ans pour la formation ainsi qu’une hausse de 5,2 % du salaire minimum en trois ans, mais celui-ci concerne très peu de salariés. De fait, la flexisécurité danoise se durcit.

Mobilité

Bonus au vélo électrique

Un décret publié le 18 février prévoit la mise en place d’un bonus pour l’acquisition d’un vélo électrique. Cette aide fixée à 20% du coût d’acquisition du vélo ne pourra dépasser 200 euros. Elle sera attribuée aux particuliers, entreprises et administrations acquérant un vélo électrique neuf n’utilisant pas de batterie au plomb avant le 31 janvier 2018, à la condition que l’acquéreur ne le revende pas dans l’année suivant son achat.

Cette aide vient compléter le bonus à l’achat d’un véhicule électrique et devrait bénéficier en particulier aux actifs qui utilisent actuellement leur voiture pour se rendre au travail, selon une étude de l’ADEME parue en septembre dernier. Elle devrait également « favoriser l’économie locale de la filière, puisque 80% des vélos sont achetés chez des revendeurs spécialisés », affirme le ministère de l’Environnement.

Ce bonus présente toutefois le défaut d’être non cumulable avec les subventions déjà accordées par certaines collectivités, qui peuvent se révéler plus intéressantes. A Paris par exemple, la mairie propose déjà une aide à l’achat d’un véhicule électrique qui peut atteindre 400 euros.

Santé

L’espérance de vie augmente

L’espérance de vie moyenne devrait continuer d’augmenter dans la plupart des pays développés d’ici 2030, selon une étude publiée le 22 février par la revue médicale The Lancet. Tandis que celle des Sud-Coréennes devrait passer la barre symbolique des 90 ans, en Europe les femmes françaises font la course en tête avec une espérance de vie moyenne qui devrait atteindre 88,6 ans d’ici 2030.

A l’inverse, les gains attendus aux Etats-Unis sont relativement faibles, notamment en raison des défaillances du système de soin américain, pointent les auteurs de l’étude. Si les chercheurs anticipent une réduction de l’écart entre les hommes et les femmes au niveau mondial, il devrait rester stable en France, en Grèce et au Chili.

Ce constat pose de façon accrue la question du renforcement des systèmes nationaux sociaux et de santé pour répondre au mieux aux besoins des populations vieillissantes. Malgré tout, ces résultats sont à manier avec précaution. En effet, les chercheurs fondent leurs prévisions sur des modèles statistiques qui prévoient le futur à partir des données du passé, sans tenir compte des caractéristiques biologiques et sanitaires de la population actuelle, qui sont pourtant les déterminants principaux de l’espérance de vie.   

Management

Du côté obscur du télétravail

Moins de temps dans les transports, plus d’autonomie et de motivation, un meilleur équilibre entre vie privée et vie professionnelle…, les avantages du télétravail semblaient connus. Un rapport de la Fondation de Dublin (Eurofound) et de l’Organisation internationale du travail en révèle une facette nettement plus inquiétante pour la santé. Portant sur quinze pays, l’étude fait une distinction entre les télétravailleurs à domicile et ceux qui, dotés d’outils numériques, se déplacent souvent. 41 % de ces travailleurs « très mobiles » font état de niveaux de stress très élevés. Ce n’est le cas que pour 25 % des salariés qui travaillent tout le temps au bureau. 42 % des télétravailleurs (en permanence à domicile ou très mobiles) déclarent se réveiller plusieurs fois par nuit (contre 29 % chez ceux qui se rendent au bureau). Face à cette forme de travail qui peut induire horaires à rallonge et mal-être, le rapport préconise de limiter le télétravail à trois jours au maximum, et à domicile. Il plaide également pour un droit à la déconnexion.

Agriculture

Le bio gagne du terrain

Les cultures certifiées bio s’étendent sur un peu plus d’un million d’hectares en France à la fin de l’année 2016. Soit une augmentation de 5 % par rapport à 2015, selon un bilan publié mardi 21 février par l’Agence Bio. Plus généralement, les surfaces engagées en agricultures biologiques (comprenant les fermes en cours de transition) ont augmenté de 16 % sur l’année 2016 (à 1,54 million d’hectares).

Malgré cette augmentation qui fait de 2016 une année « exceptionnelle » aux yeux de l’Agence Bio, les surfaces bio ne représentent encore que 5,7 % de la surface agricole utile française. Elles concernent 7,3 % des fermes de l’Hexagone (soit 32 326 exploitations), ce qui place la France à la troisième place européenne.

 

Pesticides

Les néonicotinoïdes dangereux pour les humains

Les insecticides néonicotinoïdes, qui contribuent au déclin des abeilles, causeraient également de graves troubles neurologiques chez l’humain (autisme, trouble de la mémoire). La première analyse de littérature scientifique sur le sujet, parue le 2 février, met en cause le mode d’action de ces substances, qui éliminent les insectes en agissant sur des récepteurs cérébraux que ces derniers ont en commun avec l’homme.

Energie

L’Europe consomme moins mais est plus dépendante des combustibles fossiles

D’après Eurostat, la consommation intérieure brute d’énergie dans l’Union Européenne s’est élevée à 1 626 millions de tonnes équivalentes pétrole (Mtep) en 2015. Soit un niveau inférieur à celui de 1990 (-2,5 %). La bonne nouvelle : rapporté au pic de consommation relevé en 2006 (1 840 Mtep), le niveau est même en baisse de 11,6 %. La mauvaise : la plupart des États membres de l’UE ont vu leur dépendance à l'égard des importations de combustibles fossiles augmenter entre 1990 et 2015. Cela a été particulièrement le cas pour le Royaume-Uni (dont le taux de dépendance est passé de 2 % en 1990 à 43 % en 2015), les Pays-Bas (de 22 % à 56 %), la Pologne (de 1 % à 32 %) ainsi que pour la République tchèque (de 17 % à 46 %). La France est passée quant à elle de 91% à 99%

Au total, en 2015, trois tonnes de combustibles fossiles étaient importées pour une tonne produite en Union Européenne, contre une pour une en 1990. Pour la grande majorité des États membres, la consommation d’énergie reste fortement tributaire des combustibles fossiles. Ils restent « de loin » la principale source d'énergie de l'UE, souligne Eurostat, même si leur poids n’a cessé de diminuer au cours des dernières décennies, passant de 83 % en 1990 à 73 % en 2015. Ainsi en 2015, les combustibles fossiles représentaient moins de la moitié de l’énergie consommée dans seulement trois États membres : la Suède (30 %), la Finlande (46 %) et la France (49 %). 

Chômage

Du mieux pour la deuxième année de suite

Pour la deuxième année consécutive, le taux de chômage a légèrement baissé (- 0,2 point) en 2016 pour s'établir à 10 %, a annoncé l'Insee jeudi. Même dynamique en France métropolitaine (- 0,2 point), avec un taux de chômage à 9,7 % fin 2016.

Les jeunes sont les principaux bénéficiaires de cette amélioration sur l’ensemble du pays avec une baisse de 0,8 point par rapport à la fin 2015. Cette bonne nouvelle s’est notamment dessinée en toute fin d’année, avec une forte baisse au 4ème trimestre (- 1,6 point, à 23,8 %). « Il s’agit de la plus forte baisse trimestrielle enregistrée depuis six ans », commente le ministère du Travail.

Au total, fin 2016, le nombre de chômeurs (au sens du BIT) s'élevait à 2,783 millions en France métropolitaine, soit 68 000 de moins sur un an. Une tendance qui corrobore les chiffres de Pôle Emploi, qui a vu 107 400 chômeurs de catégorie A (demandeurs d’emploi sans aucune activité) quitter ses listes l’année dernière, portant le total des demandeurs d’emploi de cette catégorie à 3,473 millions fin 2016.Pour autant, cette apparente embellie cache quelques nuages : les actifs qui alternent périodes d’emploi et chômage sont de plus en plus nombreux, l'insertion professionnelle des jeunes reste hautement problématique, et les taux d’emploi et d’activité des hommes n’ont pas retrouvé leur niveau d’avant-crise.