Faut-il avoir peur de la dette publique ?
- Davantage de dette publique, est-ce grave docteur ? , Alternatives Economiques Hors-série n° 080.
- Accroissement de la dette publique de fin 2007 à fin 2010 en % du PIB en Europe , Alternatives Internationales Hors-série n° 007.
- De la dette privée à la dette publique , Alternatives Economiques Hors-série n° 082.
- Dette publique brute, en% du PIB , Alternatives Economiques n° 288.
Le rapport annuel de la Cour des Comptes met en garde contre l'explosion de la dette publique, qui pourrait s'approcher de 100% du PIB en 2013. Dans le sillage de la crise, les déficits ont effectivement explosé, mais jusqu'à quel point faut-il s'en inquiéter ? Dans le contexte actuel, la peur de la dette constitue une menace plus sérieuse que la dette publique elle-même.
Retrouvez le dossier documentaire pour aller plus loin…
La dette publique s'annonce déjà comme un héritage durable de la crise. Elle a explosé dans presque tous les pays de l'OCDE, à la mesure de la violence de la récession. La France n'échappe pas à cette tendance générale: l'endettement public est passé de 64% du produit intérieur brut (PIB) en 2007 à 76% en 2009. Face à une chute spectaculaire de la demande privée fin 2008 et début 2009, les gouvernements ont maintenu le niveau des dépenses publiques et pris des mesures de relance, avec la bénédiction du Fonds monétaire international (FMI) et de la Commission européenne. Dans l'urgence, l'orthodoxie budgétaire a été remisée au placard, parce que les conséquences d'une dépression paraissaient bien plus graves que celles d'une dette publique alourdie.
Mais cela n'a eu qu'un temps. Alors que l'économie est loin d'être remise de la crise, la nécessité de lutter contre l'endettement public revient en force dans les discours et dans les agendas politiques nationaux et européen. La Commission a déterré le pacte de stabilité, et multiplie les procédures de déficit excessif à l'encontre des pays membres. En France, le grand emprunt sonne comme un dernier coup d'éclat présidentiel avant un long tunnel d'austérité.
Certes, la dynamique actuelle de la dette publique n'est ni anodine ni sans conséquences. Mais à court terme, la phobie de la dette publique paraît une menace plus dangereuse que la dette elle-même. Parce qu'elle risque de conduire à un tour de vis budgétaire prématuré et excessif, qui pourrait tuer la reprise. Ce qui rendrait encore plus difficile la stabilisation de la dette. On se souvient qu'en 1995, la rigueur instaurée par le gouvernement d'Alain Juppé avait freiné la reprise amorcée l'année précédente, sans que le déficit public en soit réduit. Dans le contexte de reprise molle qui prévaut aujourd'hui, respecter les exigences de la Commission en matière d'assainissement budgétaire paraît suicidaire.
La peur de la dette peut aussi être instrumentalisée politiquement pour forcer le passage de certaines réformes. En France, le risque est que l'assainissement des finances publiques ne serve de prétexte au gouvernement pour s'attaquer à l'autonomie des collectivités locales et pour réduire le niveau de protection sociale dont bénéficient les Français.
- La dette contre la récession
- Le côté obscur de la dette
La montée de la dette publique est moins un problème qu'une solution. L'erreur serait de vouloir la résorber à toute force.
La dynamique d'une dette publique non maîtrisée peut menacer la stabilité de l'économie. C'est d'abord aux autorités monétaires d'éviter un tel scénario.
Commentaires





































Mon commentaire est en réalité une question.
Pourquoi les etats n'empruntent t'ils pas directement aupres de la BCE a un taux tres bas, et sont ils obligés de passer par des organismes financiers beaucoup plus couteux?
Si l'état achète l'argent à un taux hors marché la concurrence disparaît, donc la régulation des flux de capitaux,de marchandises et de personnes est bouleversée.
Autrement dit le tissu industriel du pays se consacre à satisfaire la demande expansionniste de l'état et ne répond plus à celle des entreprises toute filière confondue.
Exemple : je fais construire ma maison et j'en suis au stade des fondations mais toutes les entreprises du pays travaillent pour l'état qui est anormalement riche.
Si ma réponse n'est pas la bonne, ou superficielle, il y a forcément une raison évidente et rationnelle qui explique l'exclusion de la thèse de l'emprunt auprès de la BCE.
Christian.
Les bulles d'endettement privé sont en effet beaucoup plus fréquentes et dommageables que les bulles d'endettement public.
Les bulles d'endettement privé sont meme consubstancielles à l'autorisation du pret bancaire sur réserves fractionnelles.
La crise économique que nous vivons découle logiquement du fait d'autoriser les banques et autres acteurs privés à preter au dela de leur réserve. En effet elles créent ainsi de l'endettment croissant, une bulle qui tot ou tard explose.
Sinon pour répondre a la question ci dessus, c'est bien simple, les traités européens l'interdisent depuis maastricht.
Vous allez dire que voilà des arguments bien peu académiques et donc non avenus, mais je crois qu'il s'agit en réalité du fond du problème. L'argent, l'argent, l'argent...
Nous vivons une crise parce qu'il y a une croissance excessive de l'endettement privé ! ! ! ! ! Et cela on ne le voit nulle part dans votre journal.
Et en plus quand on lit l'article de Sandra Moatti ... Franchement ou a t elle fait ses études d'économie ... On se demande si alternatives économiques est bien de gauche.
A aucun moment le lien etre endettement et création monétaire n'est fait. Le degré de réflexion est nul.
Si les keynésiens sont pour la dépense publique c'est en rapport à une création monétaire exogène par la banque centrale ... La dépense publique oui, mais financé par la création monétaire.
Pour ériger comme vous le faites la dette public en quelque chose de positif il faut avoir ingéré totalement la privatisation du pouvoir de battre monnaie au point de ne plus meme etre conscient qu'elle a eu lieu ... C'est grave ...
Pour pouvoir ralentir le réchauffement de la Terre il faudra une grosse bulle, pas de CO2, mais d'emprunts publiques et privés.(Le recommencement ne sera pas éternelle..)
Si la première était vraiment une bulle de dioxyde de carbone qui éclate elle ferait beaucoup de morts, tandis que la seconde (et on en a l'expérience) au pire elle ferait des suicidés...
Christian
L'article donne un bilan du total de la dette publique, il examine son financement et les problèmes qu'elle pose à la croissance de l'économie américaine. L'article, un peu long, est très complet.