Handicap : 2009, année noire
Cinq ans après le vote de la loi de février 2005 sur le handicap, l'Association des paralysés de France (APF) considère que 2009 a été une « année noire pour le handicap ».
« On ne peut pas nier que cette loi a permis des avancées pour les personnes en situation de handicap, souligne Patrice Tripoteau, directeur du pôle actions nationales à l'APF. Cependant, certaines mesures prévues en 2005 tardent à se mettre en place. Surtout, le gouvernement a récemment donné des signes totalement contraires à l'esprit de cette loi. »
Les pouvoirs publics viennent en effet de reporter de six mois la création, initialement prévue pour le 1er janvier 2010, d'une surcontribution imposée aux entreprises n'employant aucun travailleur handicapé. Les entreprises concernées avaient pourtant eu cinq ans pour préparer cette échéance. Le gouvernement a également tenté à plusieurs reprises, l'an passé, d'étendre les possibilités de dérogation (y compris pour les constructions neuves) concernant l'obligation de rendre les lieux et les transports publics accessibles aux personnes handicapées. Le Conseil d'Etat et le Conseil constitutionnel l'ont néanmoins censuré sur ce point.
Enfin, malgré la revalorisation de l'allocation aux adultes handicapés (AAH) de 25 % en cinq ans, annoncée par Nicolas Sarkozy en 2007, cette allocation ne dépassera toujours pas les 776 euros en 2012. Un montant largement inférieur au seuil de pauvreté, alors même que des dépenses supplémentaires se sont imposées aux personnes handicapées ces derniers temps, liées au déremboursement de certains médicaments, à la hausse du forfait hospitalier et aux franchises médicales. Et que les allocataires de l'AAH n'ont toujours pas droit à la CMU complémentaire.

























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