La fin inévitable du tout-voiture
La progression mondiale du nombre d'automobiles est écologiquement insoutenable. Les rendre moins polluantes ne suffira pas, il faudra aussi réduire le recours à la voiture individuelle.

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Si l'automobile fait toujours rêver, elle a un peu perdu de ses charmes, que les constructeurs continuent de vanter. Se bousculent encore dans les salons de Paris, Francfort ou Shanghai ceux qui la désirent dominante, racée, sophistiquée. Mais sont aussi toujours plus nombreux ceux qui recherchent un véhicule sobre et peu coûteux. Par nécessité, mais aussi parce que l'auto, objet banalisé, est moins que par le passé un vecteur privilégié de la distinction sociale. En témoigne, en Europe de l'Ouest, le succès des gammes low cost pourtant initialement destinées aux marchés émergents. La crise de l'économie mondiale a mis en évidence cette tendance de fond et l'a accélérée.
Le secteur automobile, très dépendant du crédit et de la confiance des consommateurs, a été particulièrement touché : en période de vaches maigres, l'achat d'une voiture est un choix que l'on diffère. Toyota, le premier constructeur mondial, a enregistré des pertes historiques sur l'exercice 2008-2009 − les premières depuis soixante-douze ans. Deux des trois grands constructeurs américains, GM et Chrysler, ont dû se mettre sous la protection de la loi sur les faillites. Partout, l'évolution des ventes de l'année 2008 a été dramatique pour le secteur et ses millions de salariés directs et indirects : − 18 % aux Etats-Unis par rapport à 2007, − 8,5 % en Europe occidentale…
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