Main basse sur le Cameroun
Coll. Poche, éd. La Découverte, 2010, 251 p., 11,50 euros.
Publié initialement en 1972 et aussitôt censuré, cet essai de Mongo Beti mérite assurément d'être (re)lu aujourd'hui. A l'heure où l'on célèbre le cinquantenaire des indépendances africaines, l'écrivain camerounais, aujourd'hui disparu, y décrit la manière dont ce processus s'est opéré en trompe-l'oeil, dans son pays comme dans les autres. Il montre ainsi comment le gouvernement français a maintenu sa mainmise en installant au pouvoir Ahmadou Ahidjo. Outre la féroce répression menée contre les indépendantistes de l'Union des populations du Cameroun (UPC), fondée par Ruben Um Nyobé, l'auteur analyse avec finesse la bureaucratisation de l'administration locale ainsi que l'obstruction des entreprises autochtones, mises en oeuvre par la puissance coloniale pour préserver son contrôle politique et économique. Exemples à l'appui, Beti dénonce également le rôle de la presse hexagonale.
Son plaidoyer plein de verve invite à rompre avec le misérabilisme trop souvent de mise vis-à-vis du continent noir et à ouvrir, enfin, le procès des réseaux de la Françafrique encore bien actifs.


























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