Sciences économiques et sociales au lycée : la « rupture » au programme

Manuel Domergue | Article Web - 25 janvier 2010

Le ministère de l'Education nationale a dévoilé un projet de programme de sciences économiques et sociales de seconde. Un projet qui suscite la colère parmi les défenseurs des SES, car il élimine des sujets comme le chômage ou les inégalités.

Stupeur chez les professeurs de SES. Le ministère de l'Education nationale vient d'envoyer le contenu des nouveaux programmes de sciences économiques et sociales (SES) pour la classe de seconde à certains éditeurs. Notre bloggeur Gilles Raveaud a mis en ligne ce document ici. Sur la forme, le fait de dévoiler ce projet avant même la consultation des enseignants, prévue la semaine prochaine, est un procédé pour le moins cavalier. De plus, ces programmes ont été concoctés de manière totalement contraire à tous les usages démocratiques : le cabinet du ministre s'est constamment immiscé dans le travail de la Commission en charge de la rédaction et lui a au final imposé ses choix qui correspondent pour l'essentiel aux vœux de l'Institut de l'entreprise présidé par Michel Pébereau.

Sur le fond, ces nouveaux programmes constituent une rupture avec l'enseignement traditionnel de la discipline. L'Association des professeurs de SES (Apses) leur reproche de faire la part trop belle à l'enseignement de la microéconomie centré sur l'étude de mécanismes abstraits comme l'élasticité-prix, les courbes d'offre et de demande, le prix d'équilibre… A la trappe donc l'étude des enjeux sociaux comme le chômage, la précarité, les inégalités, le partage salaires/profits, les conditions de travail, etc. Bref, l'enseignement passe sous silence les sujets qui fâchent, au point que l'Apses parle d'une « économie bisounours », aseptisée, débarrassée de ses conflits sociaux et de ses débats scientifiques.

Sur son blog, Arnaud Parienty regrette le peu d'intérêt accordé à la simple « description » des faits économiques (Le chômage n'existe plus (le ministère l'a viré des programmes). Cette lacune reflète la réduction à la portion congrue des disciplines autres que l'économie, comme la sociologie, reléguée au rang de thématique en option. Dernier argument, relevé sur le site de l'Idies par Gérard Grosse, ce programme est « infaisable » en 54 heures de cours pour des élèves de 15 ans qui découvrent tout ou presque de ces disciplines nouvelles pour eux.

Retrouvez les réactions d'enseignants et de chercheurs en sciences humaines sur le site de l'Apses ici

Manuel Domergue | Article Web - 25 janvier 2010
 Commentaires
ERIC GUIRAUT, le 02/02/2010 à 18:04
je tiens à vous rappeler que les SES ne sont pas le seul enseignement d'économie au lycée... il va maintenant y avoir les principes fondamentaux d'économie et gestion sur lesquels il y a aussi à dire ! Vous oubliez souvent que l'enseignement de l'économie ne se fait pas qu'en ES mais aussi en STG...
Eric G
 Commenter cet article
J'ai déjà un compte, je m'identifie :

Mot de passe oublié?

Je n'ai pas de compte, je m'inscris :
Première visite !



mot de passe oublié ?  

En Kiosque actuellement



<a href="Inscription-newsletter_fr_08.html"><img src="pics/fr/newsletter.gif" alt="Inscription newsletter">
Saisissez votre email :


Autres ressources

Je m'abonne et je commande



  • Offres enseignants
  • Offres institutions
  • Offres étudiants

  •  


 
Agenda
> Voir tous les évènements

Autres rubriques



<a href="page.php?rub=99"><img src="pics/fr/mes-achats.gif" alt="Mes achats">

Abonnements : 12 rue du Cap Vert 21800 Quetigny - Tel 03 80 48 10 25 - Fax 03 80 48 10 34 - abonnements@alternatives-economiques.fr
Rédaction - Alternatives Economiques : 28, rue du Sentier, 75002 Paris - 01 44 88 28 90 - redaction@alternatives-economiques.fr

Alternatives Economiques/Articles/Sciences économiques et sociales au lycée : la « rupture » au programme ( n°052 )