Sciences économiques et sociales au lycée : la « rupture » au programme
Le ministère de l'Education nationale a dévoilé un projet de programme de sciences économiques et sociales de seconde. Un projet qui suscite la colère parmi les défenseurs des SES, car il élimine des sujets comme le chômage ou les inégalités.
Stupeur chez les professeurs de SES. Le ministère de l'Education nationale vient d'envoyer le contenu des nouveaux programmes de sciences économiques et sociales (SES) pour la classe de seconde à certains éditeurs. Notre bloggeur Gilles Raveaud a mis en ligne ce document ici. Sur la forme, le fait de dévoiler ce projet avant même la consultation des enseignants, prévue la semaine prochaine, est un procédé pour le moins cavalier. De plus, ces programmes ont été concoctés de manière totalement contraire à tous les usages démocratiques : le cabinet du ministre s'est constamment immiscé dans le travail de la Commission en charge de la rédaction et lui a au final imposé ses choix qui correspondent pour l'essentiel aux vœux de l'Institut de l'entreprise présidé par Michel Pébereau.
Sur le fond, ces nouveaux programmes constituent une rupture avec l'enseignement traditionnel de la discipline. L'Association des professeurs de SES (Apses) leur reproche de faire la part trop belle à l'enseignement de la microéconomie centré sur l'étude de mécanismes abstraits comme l'élasticité-prix, les courbes d'offre et de demande, le prix d'équilibre… A la trappe donc l'étude des enjeux sociaux comme le chômage, la précarité, les inégalités, le partage salaires/profits, les conditions de travail, etc. Bref, l'enseignement passe sous silence les sujets qui fâchent, au point que l'Apses parle d'une « économie bisounours », aseptisée, débarrassée de ses conflits sociaux et de ses débats scientifiques.
Sur son blog, Arnaud Parienty regrette le peu d'intérêt accordé à la simple « description » des faits économiques (Le chômage n'existe plus (le ministère l'a viré des programmes). Cette lacune reflète la réduction à la portion congrue des disciplines autres que l'économie, comme la sociologie, reléguée au rang de thématique en option. Dernier argument, relevé sur le site de l'Idies par Gérard Grosse, ce programme est « infaisable » en 54 heures de cours pour des élèves de 15 ans qui découvrent tout ou presque de ces disciplines nouvelles pour eux.
Retrouvez les réactions d'enseignants et de chercheurs en sciences humaines sur le site de l'Apses ici
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Eric G